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L'actualité de l'UFR 4 concernant la suspension des cours (texte de la motion votée par le Conseil d'Administration puis les enseignants) et la prévision des Asemblées Générales se trouvent bien sur :
http://www.univ-paris8.fr/ufr4/
à voir : d'autres liens spécifiés dans un commentaire anonyme, en réaction à l'article intitulé "Assemblée Générale UFR 4"
Ils en ont essayé d'en parler (les journalistes) dans l'émission hebdomadaire Arrêt sur Image le 19 mars 2006.
Selon les chroniqueurs, le terme de précarité est surtout un terme journalistique qui permet d'euphémiser la réalité à laquelle il renvoie... Quant à la définir plus précisément (cette réalité), sur le plateau même de cette émission dont l'objectif est justement l'analyse la plus objective possible des thèmes abordés, il y a comme un léger malaise. La précarité fait peur, et c'est ponctué de silences gênés que les journalistes s'essaient au jeu des analogies : précarité, c'est une forme d'instabilité certes oui mais encore...
Difficile de comprendre, de définir ce qu'on ne connaît pas de l'intérieur. Et puis "bon sang mais c'est bien sûr" ! On avoue finalement que même au sein des élites journalistiques, des gens ont perdu leur emploi. Comment donc ?! Le chômage n'arrive pas qu'aux autres ?! Mais alors, la précarité que l'on montre de façon proprette et circonstanciée au journal de 20h (le scandale des employés municipaux de la ville de Paris qui se retrouvent sans logement, à dormir sur les bancs des jardins publics), c'est un peu... une forme de misère ! ça alors ! Le travail ne permet plus de se loger à coup sûr.. Quelle découverte.
Mais non. Le terme si douloureux de "misère" n'a pas été prononcé (la misère au sens ou chaque jour est une mise en danger de sa propre survie). Une fois de plus, on lui a préféré les termes polis et lustrés de "paupérisation" voire de "pauvreté" au plus fort de la prise de position. Et là, nous ne parlons plus de ces employés qui représentent vraiment le comble d'une société gangrenée par l'injustice jusque dans ses structures les plus officielles. Bref, on veut bien en parler, on veur bien critiquer les autres programmes télé, mais on veut pas y toucher. Il fait dire que tout ça est bien loin de l'univers froid et aseptisé d'un plateau télé.
Vraiment, il y a des fois, comme dirait l'autre, où il faut "appeler un chat un chat" (attention ceci est une boutade cynique). N'ayons pas peur des mots et qui plus est des mots évidents qui collent véritablement à une réalité. Alors, mesdames et messieurs les journalistes de l'investigation intellectuelle et éthique, s'il vous plaît, moins de politesse et plus de vérité.
Paquita
Tous les mardis matins se tient une réunion des enseignants à partir de 9h, à laquelle tout étudiant peut assister et donner son avis. Actuellement, ils concernent la grève qui divise les professeurs. A savoir, qui fait grève ou pas, quel contenu pour les cours qui demeurent assurés ou aménagés, etc...
Suite à la réunion de ce matin, mardi 21 mars 2006, il a été voté par les enseignants l'acception de la motion précédement votée par le conseil d'administration : les cours sont donc suspendus pour la semaine (au sens de cours supprimés) mais les enseignants doivent être présents à la fac aux heures des cours initialement prévus, dans leur salle habituelle. Cependant, les aménagements de cours (passerelles textuelles avec la situation actuelle, débats ou cours traditionnels) demeurent le choix individuel de l'enseignant.
Le collectif ARE était présent et a transmis aux enseignants le manque de communication que les étudiants déplorent. Il a suggéré la création d'un blog dans lequel la mise à jour des informations de base serait couplé avec les informations du tableau d'affichage du secrétariat. Mais la présence des professeurs à la fac ne faisant pas l'unanimité, il est prudent de se déplacer le cas échéant, si c'est possible pour vérifier. En attendant, nous essaierons de faire le relais...
Bon courage à tous !
Toute personne ayant eu connaissance de ce blog et dont le contenu lui pose problème est invitée à faire connaître son avis ou article contradicteur qui à sa demande, pourra être publié.
contact : are.paris8@gmail.com
Merci d'avance.
« Coup de gueule » à propos de l’émission A vous de juger, diffusée sur France 2, le jeudi 16 mars, jour de manifestation nationale des étudiants, originalement intitulée « Pour ou contre le C.P.E ».
Pour réussir une bonne salade d’excités, prenez : quelques représentants des associations étudiantes et lycéennes, des étudiants pro CPE et des étudiants contre que vous assimilerez à la traditionnelle représentation du clivage gauche/droite avec de façe et à gauche de l’écran, Madame Aubry contre Monsieur de Robien à droite évidemment. Implantez dans ce décors des chefs d’entreprise en décalage total avec les besoins humains, un chef d’Université qui presque, implore la réorganisation du système universitaire puis saupoudrez d’un bon zeste de catastrophisme avec le prof qui « fabrique des crétins ». Faite monter la sauce avec le jeune beur bac+5 qui réussit en Angleterre et amplifiez l’effet de pathos avec l’intervention du stagiaire masqué bac+5, 27 ans, totalement perturbé par sa situation économique et sociale et on le serait à moins…Décidément trop fragilisé pour remettre en question ce même système qui fait de lui (de nous) une marchandise corvéable à merci (dans les cas où il y a rémunération bien sûr). On découvre un personnage apeuré, le visage couvert, tellement représentatif de notre jeunesse angoissée dont l’avenir est bradé pour engraisser une économie de marché qui se revendique clairement comme libérale.
Ensuite, insérez un mini-documentaire relatant la situation des ibériques. On y découvre des jeunes diplômés (jusqu’à bac+9 !) coincés chez les parents (ad vitam ?) parce qu’incapables de subvenir à leurs besoins. On les surnomme les « millenistas » c’est à dire « ceux qui gagnent moins de 1000 euros par mois ». L’Espagne se fait miroir de la France. Chez nous aussi, à moins d’être logé gracieusement, il n’y a guère que les foyers de jeunes travailleurs ou la colocation comme alternative, pour goûter à un peu d’indépendance. Avec des salaires mensuels qui tournent en moyenne à 300 euros, impossible dans ces conditions de grande précarité, de berner les jeunes en leur faisant croire que l’accumulation de diplômes leur ouvrira les portes du marché de l’emploi. Bizarrement ce documentaire n’a pas soulevé de réactions d’identification chez les jeunes français du public… Signe de passivité ou de résignation ? Mystère.
Enfin, concluez cette salade d’opinions par les mots tremblants d’une mère de famille angoissée pour l’avenir de ses enfants et pour une jeunesse que le monde des adultes (les dirigeants politiques eux-mêmes dirigés par le MEDEF) instrumenta lisent à des fins purement économiques. On ressent bien cette culpabilité ambiante chez les parents, d’avoir bénéficié d’une jeunesse relativement insouciante et de laisser à leurs descendants, les reliefs d’une société en phase de déshumanisation. N’y a t il pas comme une sensation de déjà vu ? C’est le retour de la grande machine dévoratrice de Zola ! Mais, il manque la cerise sur le gâteau : le cliché du jeune de banlieue, perdu dans ces tergiversations bornées, le black sympa qui veut s’en sortir (l’image déplorable du bon nègre) et que tous se seraient accaparés pour démontrer la validité de leurs thèses, si l’émission ne touchait à sa fin. Sans doute supposait-on qu’il n’avait pas grand chose à dire, vu qu’on l’a presque forcé à « parler dans le micro » sur la fin. De fait, il semblait complètement assommé par les diverses revendications des positions adverses. Là non plus, pas d’identification des uns vers les autres…
In fine, le vrai drame de toute cette mise en scène, c’est ce mur d’incompréhension entre les pour et les contres. Elle dit bien la réalité universitaire et sociale. Difficile de penser collectif, lutte ou bénévolat quand on ne se reconnaît nulle part. A force d’individualisme, on prend peur du collectif. Cette incompréhension bipolaire, trouvait son point d’orgue dans le dialogue de sourds instauré entre les jeunes et les chefs d’entreprise. Ce qu’ils avaient visiblement tant de mal à entendre, c’était simplement ce besoin d’humanisme que les jeunes réclament. Humanisme et éthique dont les patrons et politiques semblent neurologiquement dépourvus, le carriérisme s’étant substitué au dernier recoins de l’empathie.
Vous pensiez que c’était terminé ? Et bien non ! Vous en reprendrez bien une portion ? Il faut prendre des forces pour la prochaine manif’ !
Car ce qui se dissimule à peine derrière le problème du C.P.E, c’est la contrainte. A terme, on veux nous contraindre à accepter les lois sordides de l’offre et de la demande, à nous considérer nous-mêmes comme des valeurs d’échange ! Ce système qui nécessite une hyper flexibilité, fait du travailleur quel qu’il soit, une véritable marchandise, une tête, des bras monnayables au rabais. Les français en grande majorité en ont « ras-le-bol » ! Ils ont déjà manifesté leur mécontentement à l’égard de la politique de ce gouvernement de droite à plusieurs reprises. Il y a eu un NON, il y en aura deux puis trois et autant que nécessaire. Car nous ne voulons pas être traités comme des marchandises que nous soyons diplômés ou pas. Nous voulons évoluer dans un système juste qui reconnaît en premier lieu (dans l’éventualité où il s’humaniserait) notre valeur en tant qu’individu et en second lieu, nos compétences et aptitudes.
Nous l’avons dit plus haut : le libéralisme qu’on tente de nous imposer par le truchement de la mondialisation nous aliène. Il nous réduit à l’état de machines à la fois jetables et consommatrice. Pour le patronat, nous sommes recyclables ! Alors que c’est nous qui faisons tourner l’économie aux dépens de notre santé mentale, physique et nerveuse, aux dépens de notre acuité intellectuelle, de notre sens critique. C’est ainsi que les Universités comptent dans leurs effectifs de plus en plus de stagiaires en D.A.E.U. Les adultes, jeunes ou matures ont conscience qu’il leur faut développer leur sens de l’analyse pour parvenir à critiquer ceux qui les ont utilisés dans la sphère publique (vote, travail).
Il s’agit bien dans la lutte contre le C.P.E, d’une lutte collective à travers laquelle il faut mettre son individualisme et ses intérêts personnels en état de dissection. C’est l’hyper compétitivité imposée par le marché du travail qui nous hyper individualisent, combiné à la nécessité de survivre, via l’argent. L’argent est la valeur suprême des chefs d’entreprise et de ceux qui rêvent de leur ressembler. L’argent est aujourd’hui, avouons-le, l’objet de toutes les convoitises, de tous le objectifs et par extension du pouvoir. Les législateurs actuels ne sont que les instruments d’une économie dévoratrice et de son bureau général le MEDEF.
Hors, lorsqu’on est en passe d’être démembré, il n’y a qu’une seule alternative : la révolte. Les adultes en reprise d’études ne peuvent que s’identifier à la lutte contre la précarité, que le C.P.E aggravera parce que nombre d’entre eux la vivent au quotidien. Précarité qui soit dit en passant, n’est jamais qu’un terme poli pour désigner le visage d’une misère particulièrement honteuse, celle du XXIème siècle, en pays sois-disant civilisé.
Alors, allons-nous tolérer d’être à ce point méprisés par les actionnaires de nos vies ? Peut-on se permettre de garder la mesure entre des cours aménagés et un mouvement social qui prend de l’envergure parce qu’il nous concerne tous ? Et dont les répercussions profiteront ou ne profiteront pas, à tous ? NON. Cela n’est pas imaginable. A un moment donné, quand il y a surdité obstinée, dirigisme de la part des décisionnaires de l’Etat, il faut agir ensemble, mettre temporairement de côté ses intérêts personnels, pour le bien de la collectivité et ce dans ce qui manque cruellement à notre époque, un peu d’humanité…
Témoignage : « Lorsque par nécessité, vous êtes pris très jeune dans l’engrenage du travail, il est ensuite très difficile de trouver du temps et la force de s’adonner à une activité cérébrale épanouissante. A un moment donné, quand la frustration de ne pouvoir exprimer ses capacités intellectuelles en sommeil devient insupportable, il faut se résoudre à prendre de force ce que l’engrenage du travail tend à faire disparaître de l’horizon du travailleur-producteur : l’étude régénérante. »
Moralité : « On achète ton bonheur, vole-le » in Paroles de Mai chez Albin Michel
Extrait du même livre et à méditer :
« Dans les chemins que nul n’avait foulés, risque tes pas !
Dans les pensées que nul n’avait pensées, risque ta tête ! »
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